Source : laurentnicolas.substack.com
La diminution de la population ne pose problème que pour deux grandes raisons qui sont des choix purement politiques. Choix qui sont (spoiler alert) complètement stupides.

La retraite collectiviste
Nous avons décidé que le train de vie des personnes âgées doit être payé de manière collectiviste et ne peut pas baisser. Cela est aisé quand les baby-boomers sont actifs et ne peut être maintenu qu’à deux conditions :
Le ratio d’actifs reste constant.
Cela implique que la population double tous les 50 ans.
- 1945 : 40,5 millions
- 1995 : 81 millions
- 2025 : 123 millions
- 2045 : 162 millions
- 2095 : 324 millions
Nous sommes aujourd’hui un peu moins de 69 millions. Imaginez un peu la France avec 54 millions de Français en plus ? Imaginez nos besoins en routes, en aéroports, en agriculture… Imaginez nos plages, nos stations de ski ou même Paris qui devraient accueillir deux fois plus d’habitants environ ?
Des hommes politiques ont trouvé que cela était crédible et raisonnable. D’autres, aujourd’hui, proposent de recourir à l’immigration pour ne surtout pas remettre en cause l’hypothèse de base, à savoir le collectivisme…
Le gain de productivité
Et en effet, si on passe entre 1970 et aujourd’hui de 3,13 actifs pour 1 retraité à 1,7, on a également des pensions retraites qui sont deux fois plus généreuses qu’à l’époque. Basé sur les calculs de ce que les boomers ont donné à leurs parents, le budget de la retraite serait divisé par 2. C’est donc exactement comme si on était à 0,85 actif pour 1 retraité !
Heureusement, il y a eu un gain de productivité de 300 % entre-temps. Les actifs d’aujourd’hui produisent comme 4 boomers environ, c’est-à-dire qu’en prenant en compte à la fois la baisse du nombre d’actifs, l’augmentation de la productivité et l’incroyable augmentation des pensions, toutes choses égales par ailleurs, si on compare à 1980, c’est comme si on avait 3,4 actifs par retraité. BRAVO LE VEAU !
Ouf ! Nos hommes politiques sont vraiment des génies. On a bien fait d’être deux fois plus généreux que les boomers… Sauf que non, pas du tout.
Si 100 % des gains de productivité partent en impôts, ça veut dire que pour 30 % d’impôts en 1970 tu passes à :
- 100 ⇒ 30
- 400 ⇒ 330
82 % d’impôts !
C’est une caricature car évidemment ce n’était pas 30 % à l’époque et ce ne sont pas 100 % des impôts qui partent pour la retraite… Mais c’est pour vous faire comprendre la mécanique.
Et cette mécanique est très importante car tout le capital qui, proportionnellement, part toujours plus dans un système de plus en plus prédateur pour les travailleurs rend les marges de nos concurrents, si ce n’est à l’international, au moins au sein de l’Europe (autre dogme boomer), imbattable.
On se rend bien compte qu’avec un coût toujours plus élevé sur le travail, nos camarades suisses, espagnols ou norvégiens ont l’opportunité de fournir assez facilement des salaires deux fois plus élevés avec des prix plus faibles et une meilleure qualité sans aucun problème. Car les 300 de différence dans notre exemple ci-dessus peuvent être distribués ainsi :
- 100 ⇒ pour doubler les salaires
- 100 ⇒ baisser les prix et écraser les concurrents français
- 100 ⇒ investissements du capital pour être de plus en plus riche et de plus en plus compétitif.
C’est une caricature, bien entendu, mais c’est pour vous faire comprendre pourquoi notre industrie n’a aucune chance et pourquoi elle a disparu.
Avec un tel paradigme, et un taux qui plonge de 1,7 à 1,6 et puis bientôt toujours plus bas… En plus de détruire notre industrie et de faire de la dette, il va falloir importer des gens.
La dette et le PIB comme mesure de la richesse.
Le PIB est une mesure absurde à bien des égards. Mais ici on va ultra-simplifier le problème pour bien comprendre.
Imaginons une population de 100 personnes à 1 000 euros par mois : 100 000 euros par mois.
Imaginons maintenant 20 personnes à 4 000 euros par mois : 80 000 euros par mois.
Le PIB, c’est une mesure qui vous permet d’avoir pour objectif économique le cas 1 plutôt que le cas 2.
C’est concrètement débile puisque ceux à 4 000 € par mois sont plus riches. Pourtant c’est quand même comme ça qu’on a choisi de compter.
Est-ce que nos hommes politiques sont débiles ? Oui, bien entendu. Mais pas à ce point-là. La raison pour laquelle ils comptent comme ça, c’est pour la dette.
Imaginons que vous ayez fait tout un tas de promesses complètement irréalisables et que, en plus, vous soyez dans une très vaste opération de vol de l’argent public à peine dissimulée dans des projets absurdes tels que des ronds-points facturés 10 fois le prix ou des lampes de bureau pour la salle des profs 5 fois le prix ou encore tout un tas d’autres gaspillages qui se retrouvent comme par magie sur votre compte en banque dans un paradis fiscal ou un autre. Eh bien, tout cela est complètement irréalisable. On l’a vu, on ne pourra pas continuer à jeter l’argent par les fenêtres pour qu’il retombe dans les poches des copains et dans des promesses électorales de type doubler le budget des retraites avec un nombre d’actifs qui s’écroule…
Impossible ? Non. Que faire quand on est complètement irresponsable ? Des crédits à la consommation, bien entendu. Et c’est exactement ce qu’on fait. Les crédits à la consommation peuvent être chaque année toujours plus gros à mesure que le PIB et l’assiette fiscale augmentent.
Si vous expliquiez à vos créanciers que chaque individu devient plus riche mais qu’on est de moins en moins nombreux et que par conséquent le pouvoir d’achat cumulé du pays diminue… alors c’est très simple, personne ne veut plus vous prêter.
La dette, cet outil magique à promesses électorales de plus en plus irresponsables et à pillage de l’État infini, se base sur un PIB qui augmente en dépit du fait que ce soit une mesure parfaitement absurde de l’économie.
Par conséquent, en dépit de toute logique et du désir de la population, il faut importer des humains.
La logique du socialiste keynésien consiste en des promesses toujours plus absurdes, des prolongements de courbes absurdes, un pillage de l’État, un dogmatisme crasseux, une absence totale de confiance dans la pertinence des choix individuels des gens et une haine de la liberté : elle exige une immigration de masse.
Car, en dépit du fait que la France est le plus beau pays du monde et que notre terroir et notre qualité de vie avaient de quoi attirer les cerveaux les plus brillants de la planète et les gens les plus productifs du monde, il se trouve que le projet de détruire la compétitivité et d’augmenter sans arrêt les impôts a suffi à faire contrepoids.
Et donc, pour que la cavalerie de nos politiciens traîtres et attardés mentaux continue encore un peu plus, il faut en attirer 1 000 qui produisent 1 plutôt que 1 qui produit 1 000.
Et comme je l’ai expliqué souvent, la structure de notre corps électoral nous bouche la voie de la politique pour un changement.
Et comme il faut le dire également, les révolutions adviennent toujours dans des populations jeunes. Notre âge moyen est de 42 ans. C’est complètement bouché à ce niveau-là aussi.
Il ne nous reste plus qu’une intervention divine à espérer. Prions la Vierge.


