D’un continent qui fut la terreur du monde entier, et qui représenta l’apogée du progrès culturel, philosophique, technique et scientifique, l’Europe est aujourd’hui la risée des nations.
Les dirigeants européens sont pris de panique face aux évènements. En effet, voilà un continent qui n’avait pas pensé par lui-même depuis huit décennies, désormais encerclé de puissances violentes, audacieuses et impérialistes qui le méprisent profondément.
De l’Amérique impériale
A l’ouest l’Amérique de Trump, de la tech, de la finance et du complexe militaro-industriel semble être partie pour une Reconquista géante du monde face à des BRICS qui avaient oublié qui était le patron et qui avait investi des centaines de milliards de $ dans leurs pays pour les faire sortir du Moyen-Âge. Aujourd’hui, nous assistons à l’instauration d’un protectorat sur le Venezuela. Demain, ce sera le Groenland, après-demain Cuba, ensuite l’Iran, et pourquoi pas dans quelques années une Chine qui s’aventurerait à attaquer Taïwan. Les Etats-Unis sont un empire qui assume entièrement sa volonté de puissance, sa culture de la démesure, sa poursuite effrénée d’une richesse toujours plus immense. Il se fiche de savoir ce que le monde pense de ce caractère bourrin et prométhéen. L’empire assume son conatus. Point barre.
Le mercredi 7 janvier, Donald Trump a annoncé son intention d’augmenter le budget américain de la défense et d’ainsi le faire passer de 1 trilliard de $ à 1,5 trilliard de $. Apparemment les Etats-Unis n’ont pas encore assez de missiles, de bombardiers, de destroyers et de chars de combat, Trump veut donc en urgence augmenter les moyens de l’armée américaine pour écraser le monde entier.
De la Russie impériale
A l’est, la Russie de Vladimir Poutine qui avait passé deux décennies à faire du pied à l’Occident pour conclure un partenariat économique géant, a compris qu’elle allait subir de la part de celui-ci pour des raisons idéologiques, géopolitiques et messianiques un siège politico-militaire jusqu’à sa chute. C’est l’opération militaire spéciale en Ukraine qui fut la contre-attaque de cet empire archéo-futuriste, à la population encore à peu près préservée de la dégénérescence libérale, et à l’Etat fort et déterminé. Il a ainsi peut-être tué jusqu’à 1 million d’Ukrainiens pour faire comprendre qu’il ne transigerait pas sur ses intérêts vitaux. Choc et effroi parmi les brebis européennes qui avaient oublié ce qu’il en coûtait de persévérer dans l’Histoire.
De l’Europe anti impériale
L’Union Européenne est un anti empire puisqu’elle est l’organisation de la tutelle américaine sur l’Europe, au service de son maintien sous cloche.
Un empire représente l’apogée de la puissance. Il n’est tourné que vers l’accumulation de celle-ci et l’épanouissement culturel des peuples qu’il régit. Or, l’UE dégénérée est le continent de la décroissance, des normes, de l’écologisme fallacieux et punitif, des impôts confiscatoires, de l’égalité médiocratique, de l’immigrationnisme fou, des milliers de milliards d’€ transférés des actifs vers les retraités et les immigrés improductifs, de la moraline en tant qu’idéologie officielle, du vide et du nihilisme érigés en politiques d’Etat, du LGBTisme quasiment inscrit dans sa Consitution.
Ursula Von der Leyen qui représente tout le monde sans avoir été élue par qui que ce soit nous dit que les “valeurs de l’Union Européenne sont celles du Talmud”. Ah d’accord, pas de la civilisation gréco-romaine ou de la Chrétienté donc… Comment est-ce que les valeurs d’une micro minorité étrangère tribale pourraient-elles représenter les valeurs communes de 500 millions de personnes ?

Comment ceux qui nous ont expliqué pendant des années qu’il fallait absolument organiser notre suicide, et qui ont promu toutes les politiques possibles pour qu’on y parvienne, peuvent aujourd’hui nous expliquer qu’il est nécessaire de renouer avec une grande politique de puissance et tout ce que cela implique au plan politique, culturel et anthropologique ? Réponse: c’est impossible. L’empire puissance européen LGBT et des normes anti CO2 est une antinomie.
Le Nouveau Monde
Le XXIème siècle sera un siècle d’affrontements politique, militaire et économique fanatiques entre les grandes puissances qui composent notre monde. L’opération militaire spéciale russe et les droits de douane de Trump annoncent la fin de la mondialisation “heureuse”, et le retour en force des Etats mercantilistes, tenant d’une main de fer leur espace proche et leurs vassaux.
L’Europe s’annonce comme l’agneau sacrifié sur l’autel de ces grands empires, dépecée économiquement par les Etats-Unis et la Chine, peut-être même vaincue militairement par les USA au Groenland, suicidée démographiquement par l’avortement de masse, l’immigration et l’apocalypse carbone hystérique.
Il est possible que les dirigeants européens aillent jusqu’à envoyer la jeunesse blanche européenne remplacer la piétaille ukrainienne réduite un peu plus en charpie sur le front chaque jour. Par sadisme et par volonté d’accélérer l’extermination des Européens de souche.
Le XXIème siècle verra la sortie du débilisme démocratique et de son hypocrisie. Les masques tombent et les puissances s’assument, de la course à l’IA au spatial, la haute technologie autoritaire donnera le las politique et social. Les peuples hocheront de la tête et suivront, fascinés par une productivité démultipliée, l’automatisation d’une partie du monde et sûrement une augmentation du confort général, accordée d’une manière ou d’une autre pour maintenir la paix sociale. Bien que cela ne se fera pas sans heurts, ici se trouve le Zeitgeist du siècle. Ceux qui ne se donneront pas les moyens de l’assumer verront leur Culture (Kultur) disparaître de l’histoire.
La géopolitique européenne
Si l’Union Européenne est l’anti-Europe, sa Némesis, l’esprit du temps est pourtant toujours favorable à l’Europe en tant que civilisation, et le développement d’une identité européenne commune progresse. Selon différents sondages, on estime que 60 à 75% des habitants de l’UE se sentent à la fois nationaux et européens. Il se trouve que ces chiffres sont les plus élevés en Europe de l’ouest, en France, Allemagne, Italie, Espagne, Belgique et Pays-Bas, là où la cohérence historique, économique et culturelle est la plus forte.
Contrairement à ce que l’on dit dans les milieux alternatifs et de droite en France, je pense que les pays de l’est sont une plaie ouverte dans l’Union Européenne, et que jamais nous n’aurions dû les accueillir dans son sein. Pour plusieurs raisons : il n’existe aucune cohérence politique et économique entre les pays d’Europe de l’ouest et ceux d’Europe de l’est. Ces pays sont heureux d’accepter les centaines de milliards d’€ des pays d’Europe de l’ouest pour rattraper leur énorme retard économique et aussi acheter en masse des produits américains, notamment en matière de défense. La Pologne en est le meilleur exemple. Elle a reçu un total de 250 milliards d’€ de la part de l’Union Européenne (donc de l’Europe de l’ouest) depuis son entrée dans l’Union. Cependant, à chaque fois qu’un grand contrat est sur le table, ce sont les américains qui remportent la mise. Cette situation est une honte. Il est un scandale que personne n’ose remettre à sa place ces pays minuscules, complètement hystériques face à la Russie, et dont l’ego a explosé depuis qu’ils se croient la nouvelle avant-garde de l’occident, du libéralisme et de la démocratie.
Ce sont des trous sans fond, entièrement inféodés à une puissance étrangère (USA), et des aimants géopolitiques nuisibles qui nous tirent vers une confrontation avec la Russie.
Ce sont des pays composés de slaves, majoritairement orthodoxes, dont la capitale historique vers laquelle convergent leur identité et leur histoire est plutôt Moscou que Rome.
Aussi, s’ils acceptent de travailler en tant que sous-traitants de l’industrie allemande, ils méprisent profondément la France pour des raisons historiques (fuite d’Henri III, abandon de la Pologne au XVIIIème siècle, re-abandon en 1939…).
S’ils ne voient pas le problème ou même se réjouissent comme les Polonais de l’explosion de Nord-Stream II, c’est parce qu’ils n’ont jamais développé d’industrie et de technologie autonomes. Alors que les européens de l’ouest ont bâti des empires économiques mondiaux qui nécessitent l’approvisionnement régulier en gaz russe peu onéreux. Ils ne servent qu’à polluer la politique de l’Europe en faveur exclusivement des Etats-Unis. Etats-Unis qui se positionnent désormais de façon très concrète comme des adversaires de l’Europe sur le dossier du Groenland.
Seule la Hongrie et la Slovaquie font preuve d’une politique intelligente et équilibrée, en faveur de l’identité ethno-culturelle de l’Europe et d’une géopolitique plus conciliante avec la Russie.
Pour une nouvelle Europe impériale
L’Union Européenne doit mourir pour que l’Europe vive. La nouvelle alliance évidente et vitale entre Européens devra être réduite, recentrée dans une géographie cohérente du point de vue historique, politique, économique et culturelle.
Ainsi, l’avenir nécessaire de l’Europe est celui d’un nouvel empire Carolingien, c’est à dire l’empire de Charlemagne, dont l’éclatement fut peut-être la plus grande catastrophe géopolitique de l’histoire européenne depuis la disparition de l’empire romain d’Occident.
Le socle vital sur lequel reposera cet empire se composera de la France, de l’Allemagne, de l’Italie, de l’Espagne, de la Belgique et des Pays-Bas.

Ce groupe de pays cumule 290 millions d’habitants, 14 000 milliards de dollars de PIB annuel, 11% de l’industrie mondiale et un niveau d’indice de développement humain très élevé à 0,936. Selon les données de 2026, cet empire serait la 3ème puissance économique mondiale derrière la Chine mais loin devant le Japon. L’alliance du nucléaire, de la ZEE, de l’agriculture et du complexe militaro-industriel français avec les industries allemande et italienne, la haute technologie hollandaise, l’ouverture sur l’Amérique du sud avec l’Espagne, un tiers des plus grandes banques mondiales, sans compter le génie européen, de quoi rouler sur le monde avec un peu de réalisme et de volonté de puissance parmi ses élites.
Bien sûr, nous en sommes bien loin ! Mais nous, les Romains d’Europe de l’ouest, sommes condamnés à l’espoir.
Il est absolument nécessaire que l’Europe assume son statut néo impérial. L’Empire romain d’Occident est notre passé et notre avenir.

De l’entente nécessaire avec la Russie
« Face aux géants démographiques que sont la Chine et l’Inde, et face à la puissance américaine, les nations européennes ne pèseront rien si elles restent isolées ou vassalisées. »
« Nous avons les hommes, les capitaux et la technologie. La Russie a l’espace, les matières premières et l’énergie. Nos économies sont parfaitement complémentaires. »
« L’Europe s’asphyxie, elle s’étiole. La Sibérie, c’est notre Far West. C’est là que se jouera l’avenir de l’homme blanc. C’est un espace de conquête pacifique, de création et d’aventure pour nos ingénieurs, nos techniciens et notre jeunesse qui ne trouvent plus leur place dans une Europe vieillie et envahie. »
Voilà les mots de Jean-Marie Le Pen lors de son grand discours pendant les élections européennes de 2009. C’était il y a 17 ans et ses mots sont plus actuels que jamais.
« L’Europe est aujourd’hui privée de sa souveraineté. Elle agit contre ses propres intérêts économiques. Sans la Russie, l’Europe perd sa compétitivité mondiale. Elle devient un simple satellite. »
« Si nous unissions nos efforts [ceux de l’Europe et de la Russie], nous serions un pôle de puissance mondial absolument compétitif, le premier même, devant lequel n’importe quel autre pôle ferait pâle figure. »
Et voici les mots répétés de Vladimir Poutine quant à une éventuelle entente politique et économique entre l’Europe et la Russie. L’évidence saute aux yeux de tous les hommes de bonne volonté.
Ai-je réellement besoin de développer ? L’alliance entre les économies européennes, leur technologie, et la puissance militaire et énergétique russe créerait un pôle de développement civilisationnel immense, à tous les niveaux, et qui permettra non seulement de faire face aux défis du siècle, mais à vaincre et à s’étendre. Il faut le marteler.
Du retour au réalisme offensif
Selon la théorie dite “réaliste” des relations internationales, le but des Etats est d’accroitre leur puissance, c’est à dire de pouvoir “faire”, “faire faire”, “empêcher de faire” et “refuser de faire”. Les intérêts des Etats sont donc ce qui leur permet, s’ils sont conquis ou défendus avec succès, d’augmenter leur puissance. C’est une vision assez amorale des relations internationales, tirée de Machiavel, et dominante dans les débats.
S’est développée depuis les années 60 la théorie constructiviste des relations internationales, qui est l’introduction de la post-modernité dans les théories géopolitiques, et qui vient nous expliquer que nos intérêts sont issus de “discours”, de “normes”, “d’intersubjectivités”, donc en fait assez loin des intérêts matériels immédiats. En fait, elle nous dit que nos intérêts sont imaginés, pensés, irrationnels, et donc non véritablement fondés sur le pragmatisme et la saine raison, et qu’il suffit de dire et discourir pour en quelque sorte transformer la réalité. C’est effectivement la théorie qui est devenue dominante dans l’Union Européenne et quelques pays européens depuis 40 ans, qui ont décidé que le suicide était dans leur intérêt, que le moins serait équivalent au plus.
Cette théorie est fausse et perverse. Si les Etats vont effectivement envisager le monde de façons différentes, les moyens d’augmenter leur puissance et de percevoir leurs intérêts est largement commune : stabilité sociale, épanouissement culturel, développement industriel, technologique, militaire, scientifique, des infrastructures, prise et défense de territoires… C’est ce que poursuivent tous les empires du globe qu’ils soient chinois, américains ou russes.
“Les structures des associations humaines sont déterminées principalement par des idées partagées plutôt que par des forces matérielles, et […] les identités et intérêts des acteurs intentionnels sont construits par ces idées partagées plutôt que donnés par la nature.” Alexander Wendt, 1999
Du charabia pour universitaires surpayés.
L’Europe devra au contraire revenir à un réalisme sain et rationnel, redevenir offensive et intimidante afin d’être crainte et respectée. Elle devra retrouver l’audace des civilisations en vie.
CONCLUSION
Je n’ai pas parlé des modalités pratiques politiques, sociales, anthropologiques de notre renouveau. Ce n’était pas le but de cet article. Son but était d’offrir une vision cohérente, souhaitable et à portée de main de main pour l’Europe.
Nous sommes condamnés à l’espoir et au sursaut. Si les européens n’agissent pas de façon forte et audacieuse autour d’idées pragmatiques et rationnelles, nous serons balayés de l’histoire, au prix de notre culture, de notre qualité de vie et de notre avenir collectif…
Substack de Hugo Bruno : hugobruno.substack.com


