Le 3 août 2005, Zidane revenait en équipe de France avec le succès que l’on sait, finale en 2006 à Berlin avec une équipe à la ramasse sans lui. Tout le monde vénéra même son expulsion, qui reflète simplement un manque de professionnalisme pour les uns, les effets de substances pour d’autres, mêlés à une évidente question de génétique, voir les travaux oubliés et expérimentaux du docteur Antoine Porot. Ce geste coûta probablement la Coupe du monde à la France. Les médias en firent une victime, et le Gaulois, comme toujours, suivit. Quatre ans après le 21 avril 2002 et la manifestation anti-Le Pen sur le retour du nazisme, c’était plié.
2006, les adieux de Zidane, le président Chirac était encore un peu français, la France aussi. Un an avant l’arrivée de Sarkozy. On a donc fait passer pour un succès une finale de Coupe du monde – seul le résultat compte –, car après avoir frôlé l’élimination contre le Togo en poule, les matchs contre le Brésil et l’Espagne furent inoubliables. Imaginons que le coudebouleur eût pour nom Papin, Guivarch ou Ginola – ce qui est inconcevable –, la guillotine républicaine serait tombée. D’ailleurs, Ginola paya pour la faillite de la France en 1993 pour un simple fait de jeu ; alors que c’est toute l’équipe qui faillit. Trop beau, trop français, Ginola. Comme elle est tombée, la guillotine médiatique, sur Cantona pour un geste de la même espèce en 1995. Alors pourquoi a-t-on vénéré Zidane après ce geste de dégénéré, impossible à réaliser en finale de Coupe du monde ? Pourquoi L’Équipe a craché sur Aimé Jacquet et son accent de campagne dans le même temps ? Très mystérieux. Trop simple.
D’ailleurs, vingt ans après, Zidane revient pour la France. En 2026, la zone géographique France de Macron, c’est Zidane et Diallo, le président de la Fédération française de football. Sans identité, donc. Hormis pour un métis africain, un Berbère aux yeux bleus milliardaire, difficile de s’identifier à l’un de ces trois personnages.
Bref, le mardi 28 juillet eut lieu l’intronisation du nouveau sélectionneur de l’équipe de France de football, ce qui est maintenant un évènement mondial. Qu’en pense Guy Roux, qui a pris Auxerre du bas du classement pour en faire un grand de France ? Jamais été sélectionneur, lui, de la France. D’un ennui et d’une platitude dépassant les espérances, cette conférence ; on a quand même vu la tête d’un journaliste de So Foot, qui ferait passer L’Humanité pour un journal d’extrême droite. Et surtout la première question de L’Équipe sur ce que Zidane allait faire avec le nouveau dieu post-Zidane, M’Bappé ; et finissant sur deux femmes blanches étrangères, demandant si le racisme, il allait le combattre fermement, Zinédine. Franchement, je pense que n’importe quel Blanc, Noir ou Vert veut bien se faire insulter de sale n’importe quoi pendant vingt ans en échange du centième du salaire de ces gens-là, manger des bananes en direct comme le faisait Basile Boli quand les Marseillais qui l’adorent lui balançaient des bananes, mais ça reste le sujet majeur. Combattre ceux critiquant les Africains et Indiens en gros en France. Même s’ils sont bientôt 60 %.
Combattre le racisme, c’est-à-dire s’assurer que tout le monde trouve cela normal de voir des Africains représenter l’équipe des Francs. Et les Francs en totalité. Oui, c’est normal d’avoir 11 Africains en équipe de France et un président de la Fédération africain. Il suffit de le répéter 100 fois par jour.
Le sport n’a aucune importance dans cette opération politique, mais quand même, on peut douter de l’intelligence de M’Bappé, qui a maintenant ses réseaux sociaux sous contrôle – fini la pleurniche sur le petit ange Nahel –, qui n’a de plus aucun charisme. Quant à Zidane, personnage fort sympathique ; mais, opinion personnelle, quand on a une fortune illimitée et un réseau digne de Federer, le pape et Trump réunis ; envoyer ses quatre rejetons faire du foot alors qu’ils ont un talent plus que limité montre peut-être de grosses limites. La réalité est que Zidane est probablement un super gars, mais ce n’est pas un meneur. Il doit son succès à un couple stable, c’est tout à son honneur, une stabilité depuis 40 ans avec Véronique. Sa réussite au Real est quand même due à une structure et des talents énormes. L’équipe de France est un sujet essentiellement politique, et ensuite économique, qui n’a que le sport comme prétexte lointain.
Les suites au cinéma sont souvent assez mauvaises. Je revoyais Les Compères il y a trois jours. Ça passe à peine, même avec Depardieu et Pierre Richard contents de faire la fête ensemble un mois. Après le chef-d’œuvre de 1981, La Chèvre, irregardable. Même en politique ; certains adorateurs de Trump commencent à douter de ses bienfaits pour l’humanité et de son retour en 2024. Zidane nous fera sûrement mentir.
En étant un complotiste d’extrême droite, on dirait qu’ils ont voulu la dissolution de la France dans le Maghreb, avec Zidane qui se dissoudra ensuite dans un mélange africain parfaitement incarné par M’Bappé ; ou Yamal ; les deux ayant un père africain et une mère maghrébine. Complotisme ou pas, c’est bien ce qui arrive, de Paris à n’importe quel bled de province. Malraux s’était trompé. « Le XXIᵉ siècle sera mystique ou ne sera pas. » Il est africain donc mystique. On pourrait même faire une équipe avec des Griezmann, Lenormand ; favoriser l’immigration et la reproduction massive de Haaland sur l’Hexagone, et penser que le football n’est pas le plus important, ou que les Chinois sont des idiots ; mais c’est encore des sujets trop mystérieux, ou trop simples.
Souhaitons simplement bonne chance à Zizou, une étoile, et Kiki, une étoile aussi grâce à lui, pour que l’alliance de ces deux derniers génies produits par la France éternelle gagne deux ou trois autres Coupes du monde. C’est vrai que depuis trente ans, hormis deux Coupes du monde, la France n’a rien gagné ni produit. On a gagné deux guerres mondiales et deux Coupes du monde. Personne ne peut en dire autant.


